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Enceintes Davone Rihm

Vous êtes totalement sourd ou vous détestez  la musique ? Les fabricants de haute fidélité ont aussi aussi pensé à vous ! Cette semaine (une fois n’est pas coutume) cet article ne va traiter ni de son, ni de musique, mais d’esthétique. Quand les matériels haute fidélité sont bien obligés de se donner « une gueule » … pour le meilleur et pour le pire !

Trop beau pour être bon ?

Évidemment, compte tenu du nombre de produits dont le beau design est inversement proportionnel à la qualité du son, les appareils avec un design très prononcé seraient-ils devenus suspects ? Mes nombreuses et régulières visites des salon hifi depuis quelques années témoignent toujours de rencontres les plus insolites. Je me souviens aussi de quelques conversations intéressantes avec des fabricants d’enceintes acoustiques qui évoquaient qu’une partie de la clientèle des années 80 pensait en effet que les dépenses de design étaient réalisées au détriment de la qualité et de la technologie embarquée. Ces clients quelques peu méfiants étaient rassurés par l’achat qu’un produit massif et laid comme une gage de qualité, le budget R&D n’ayant pas été englouti par les designers…

Après avoir dénoncé un design parfois extravagant, l’heure est-elle à plus de retenue et de sobriété ?  Sans doute ! Mais, il semblerait que la discrétion ne soit devenue une sorte de ligne de conduite par défaut. On ne compte plus les modèles d’amplificateurs aux façades en aluminium brossé, une tendance du moment qui pourrait se résumer par “restons sobre et soyons heureux”, faire des produits design ? … oui, mais pas trop !

Il est cependant intéressant d’approfondir un peu le sujet autour de quelques cas d’école et quelques spécificités. Quand l’audace et l’innovation visuelle tentent de redéfinir les codes esthétiques d’aujourd’hui.devialet200slide1__085778700_1848_25072014Le cas Devialet

Qu’on aime ou pas les produits Devialet, il faut bien reconnaitre que le fabricant français a véritablement réussi à révolutionner le design audio en cassant au passage les codes classiques des amplificateurs qui ressemblent peu ou prou tous à des boites. Devialet a réussi à inventer un objet avec une ligne innovante et élégante, un propos esthétique qui renvoi clairement aux codes du luxe. Devialet a récidivé avec son enceinte connectée « Phantom » : une sorte d’oeuf écrasé qui ne ressemble à rien de connu, pour le reste j’ai de sérieuses réserves sur ses prestations (basses totalement surdimensionnées) qui tiennent plus de la performance acoustique que du respect de la musique !

1389-6-2Belles lignes nordiques

Ah ! les Scandinaves ont encore frappé, ils ne se contentent pas de sévir dans le mobilier, la tradition dans le domaine de l’audio ne date pas d’aujourd’hui. Je garde notamment en mémoire ma visite dans la boutique historique de B&O à Copenhague en juin dernier (j’ai posté quelques photos dans un tableau de mon compte pinterest). Comment ne pas être insensible à l’élégante sobriété d’une platine vinyle vintage B&O de la série Beogram ? Une sorte d’élégance indémodable et le design des platines vinyles d’aujourd’hui comme Rega ou pro-ject paraît alors sans âme et bien fade. 

Un vrai défi pour les enceintes acoustiques

Les enceintes acoustiques traditionnelles ont des contraintes de tailles : leur fonctionnement pour la très grande majorité dépend d’une caisse et l’objet n’en demeure pas moins qu’une boite ! Si nous mettons de côté les produits volontairement extravagants, la sobriété se conjugue-t-elle aussi facilement avec un design novateur ? Compte tenu des contraintes évoquées précédemment, le défi n’est pas simple à relever. Travailler sur la nature des matériaux est une option, mais il faut savoir prendre le risque de proposer des esthétiques qui dérangent. Le français Waterfall fabrique des enceintes en verre, un matériau qui a dérouté à ses débuts les « hifistes » se souvient Cédric Aubriot son directeur, avec des jugements à l’emporte-pièce et des interlocuteurs qui refusaient parfois de faire l’expérience d’une écoute.

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Le travail du bois

Rien ne ressemble plus à une enceinte en bois qu’à une autre enceinte en bois ! Pas facile en effet de se distinguer de son voisin, une fois que l’on a déroulé son catalogue d’essences de bois et de couleurs. Le travail du bois et le traitement d’une ébénisterie de haute qualité reste une possibilité pour se différentier y compris visuellement. Le finlandais Penaudio a démontré un vrai savoir-faire pour proposer des objets sobres avec de très belles essences de bois et des ébénisteries au rendu très naturel. Dans ce registre , la sublime enceinte Philharmonia (aperçue l’an passé au salon son & image) est aussi un objet magnifique et exceptionnel : une sorte de squelette assemblé par un millefeuille de centaines de strates de bois : on ne sera pas surpris d’apprendre que son concepteur est l’architecte Jean nouvel.

ttt-slim_02_2Élégance et discrétion suisse

Quand la discrétion suisse se marie avec l’élégance, cela produit quelques beaux objets, comme les sublimes platines Thales avec de belles lignes raffinées. Le travail du suisse Boenick audio aussi attiré mon attention, il conçoit et réalise des enceintes acoustiques comme de véritables pièces d’ébénisterie originales, de l’audace, mais qui ne donne jamais dans l’ostentatoire. Ce dernier a réussi à innover à peu près sur tous les aspects esthétiques avec un rendu sonore naturel assez hors du commun.

Du neuf avec du vieux

Le succès des célèbres platines Garrard ne s’est jamais démenti, les fameux modèle 301 et 401″ restent des objets très recherchés, dotés d’un mécanisme quasi inusable, ces platines sont aujourd’hui réinstallés dans de beaux socles modernes ce qui lui offre un look rétro moderne des plus réussi. Les codes des années 50/60 inspirent parfois des fabricants d’aujourd’hui comme les enceintes acoustiques danoises Davone et son modèle “Ray” qui pourrait parfaitement trouver sa place dans le décor d’un film noir et blanc des années 50/60.

RAVONE RAY

Lignes et codes intemporels

Au fil des années, peu de marques ont réussi à imposer leurs codes esthétiques qui font partie de notre patrimoine commun et ne vieillissent pas avec le temps. Qu’il s’agisse d’un gros amplificateur Mcintosch avec leurs vumètres rétro éclairés bleus ou ceux sont fond blanc des amplis japonais Accuphase avec ses immanquables façades dorées. On pourrait aussi citer les belles dorures des amplis jadis ou du cerclage des haut parleur des enceintes Tannoy. 

la-boite-concept-decodesign-kossi-aguessy-1600x800De nouveaux objets inspirés par d’autres univers

Il faut saluer enfin ceux qui créé des objets à partir d’autres univers comme le mariage de l’audio et du mobilier avec La Boite Concept qui conçoit des meubles consoles équipés de haut parleurs ou celui de la mode et de l’audio avec le danois Vifa avec des enceintes sans fil élégantes et habillées de tissu. De fait ces nouveaux objets ont un avantage certain, car nous n’avons pas de références esthétiques.

Entre l’extravagance et une sobriété excessive, il y a bel et bien des mondes à explorer et de nouveaux codes à inventer. Et si les consommateurs attendaient aussi de se laisser surprendre ? le renouveau du marché de la hifi passe inévitablement par un peu d’audace esthétique, sans doute une nécessité pour renouveler son public .


Toutes les photos relatifs à cet article sont disponibles sur un tableau pinterest 

 

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