Crédit photo : Sébastien Vincent

Joli coup de cœur cette semaine pour l’album “funambules”, un duo avec le pianiste Thomas Enhco et de la percussionniste Vassilena Serafimova. Une superbe rencontre piano/marimba qui réenchante les sonates de Bach et Mozart.

Deux brillants parcours

J’avais découvert ce jeune pianiste l’an passé à l’occasion d’une première partie à l’Olympia autour d’un programme de compositions personnelles. Issu d’une grande famille de musiciens (il est le petit fils de Jean-Claude Casadesus), Thomas Enhco commence le violon à l’âge de trois ans et le piano à six. Il est très tôt initié à la musique classique, au jazz et à l’improvisation. Très vite, il écrit ses premières compositions et forme son premier trio jazz à l’âge de 14 ans. A partir de 2006, il donne de nombreux concerts à l’étranger et reçoit de nombreuses récompenses et les collaborations. En 2014 il sort son premier album sous son nom, un disque solo « feathers » chez Verve.

Vassilena Serafimova est une percussionniste classique d’origine bulgare formée au conservatoire supérieur de Musique de Paris et à la Juilliard School à New York. Depuis son plus jeune âge, elle donne de nombreux concerts en soliste ou au sein de l’ensemble de percussion Accent. Elle se produit en tant que soliste et chambriste dans de nombreux festivals en France et à l’étranger. Après de très nombreux prix et récompenses, elle fera entendre le marimba pour la première fois aux Victoires de la musique classique en 2015 en duo avec le pianiste Thomas Enhco.

Etonnante prestation dans un lieu pour le moins inhabituel


Voilà plus de sept ans que Thomas Enhco et Vassilena Serafimova forment un duo des plus inhabituels. Une formation qui a déjà donné de très nombreux concerts en France et à l’étranger. « Au début de cette aventure, nous ne sentions pas tout à fait prêt pour enregistrer. Nous avons voulu prendre le temps et bénéficier de l’expérience acquise grâce aux concerts » reconnait Thomas Enhco*. Il faudra attendre septembre 2015 pour que les deux jeunes artistes entrent en studio, au passage la qualité de l’enregistrement à l’auditorium de Poitiers est juste formidable. L’album “Funambules” paru il y a quelques semaines chez Deutsche Gramophone représente une belle consécration pour ces deux jeunes artistes.

Une alchimie de sonorités et un répertoire varié

La perception du mariage des sons est instantanée, très vite on se laisse emporter cette alchimie singulière qui nous fait redécouvrir les sonates de Mozart et Bach sous un jour totalement neuf. L’interprétation est particulièrement pétillante, le jeu est ludique, le plaisir de nos protagonistes est vraiment communicatif. L’étonnante superposition de sonorités se mêle au point où l’on a un peu parfois du mal à savoir qui joue quoi. Il est vrai que le son chaud et boisé du marimba se marie étonnement bien à la sonorité métallique du piano comme par un subtil contraste de timbres.

Nos deux jeunes tribuns s’emploient à revisiter de très vastes répertoires entre classique, jazz, influences contemporaines et improvisations. Un pari rendu cependant possible avec un grand travail d’adaptation des parties instrumentales pour s’adapter notamment à la tessiture spécifique du Marimba. Les deux prodiges nous proposent aussi des pièces de Fauré, Saint sens, un traditionnel bulgare et deux compositions de Thomas Enhco. L’album se referme sur une très belle version de la chanson pop «Bitter sweet symphonie ».

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« Ce répertoire a été d’abord choisi par l’envie de les jouer, sans limites, c’est d’abord par ce qu’on aime ces œuvres. Il a fallu trouver des solutions, Vassilia ne pouvant jouer toute la partition, il fallu trouver des astuces de réécriture. Au Marimba, tout est question de phrasé, chacun essaye d’entrer dans la sonorité de l’autre, nous avons réorganisé les partitions afin d’emboiter les parties mélodiques les unes dans les autres. » précise Thomas Enhco*. Le musicien revendique aussi pleinement son approche ludique de la musique : «Etre musicien c’est d’abord exprimer des sentiments et s’amuser comme les enfants le feraient , j’aime bien tenter des expériences et inviter les auditeurs à visiter de nouvelles contrées sonores et musicales. »

La rencontre de ces deux pétillants électrons libres enfante au final d’une proposition musicale rafraichissante et diablement énergétique !

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(*) Propos recueillis à l’occasion de leurs passages sur France musique
(27 juin 2015 & 8 avril 2016)

 

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