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Vous avez dit WAF ? Il ne s’agit pas d’une quelconque renaissance du célèbre label « la voix de son maitre » mais d’un acronyme anglais qui signifie Wife Acceptante Factor. Ce « facteur d’acceptation féminine » permettrait de prendre en compte l’avis de

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l’épouse ou de la conjointe qui pourrait voir d’un mauvais oeil l’installation dans le salon d’enceintes monumentales et de matériel particulièrement encombrant avec une multitude de câbles.

Le terme remonterait aux années 50 avec l’apparition des premières enceintes acoustiques particulièrement massives. C’est le magazine américain Stereophile qui l’utilise et le popularise dans ses colonnes pour la première fois en 1983. Tout commence par une série de témoignages de quelques passionnés qui se sont vite rendus compte que leurs projets d’installation avec plusieurs étages d’électroniques et d’imposantes enceintes allaient vite se confronter à l’avis parfois radicalement opposé de leurs conjointes. « Ces enceintes sont moches, elles sont trop grandes, je ne veux pas de ces câbles qui trainent par terre, ton ampli et ta platine tiennent trop de place ». Voilà quelques uns des propos qui ont sans doute engendré nombre de désaccords dans les chaumières, où ces messieurs pour ne pas voire leurs rêves se briser totalement, ont été contraints de trouver et de « négocier » des compromis acceptables au sein du couple.

Je reconnais volontiers que ce terme est quelque peu sexiste. Bien évidemment le WAF est un concept plein de stéréotypes avec dans le rôle de l’homme celui de la brute audiophile obsédé par les seuls aspects techniques et la performance acoustique de son matériel tandis que son épouse ne s’intéresserait seulement aux aspects esthétiques et d’encombrement. La réalité est aujourd’hui plus discutable, l’esthétisme et l’ergonomie d’un appareil sont sans doute intégrés dans le choix des consommateurs qu’ils soient masculins ou féminins !

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Enceintes sans fil Libratone

Le design au détriment de la qualité ?

C’est à partir des années 1980 que les fabricants ont pris très au sérieux cet aspect. Je me souviens à ce sujet d’une conversation l’an passé avec Gérard Chrétien, ancien directeur général de Focal qui m’avait confié que dans les années 80 lorsque la marque a commencé à proposer des produits design, certains clients d’alors avaient perçu ce changement comme suspect en avançant l’argument que la marque avait ainsi transféré ses coûts vers le design au détriment des éléments essentiels comme les haut-parleurs. Certains passionnés irréductibles étaient encore rassurés de choisir des enceintes massives et laides, ayant ainsi l’impression de payer pour la seule valeur ajoutée technique.

Le design est-il encore jugé comme suspect aujourd’hui ? Force est de constater qu’il est devenu une caractéristique à part entière du cahier des charges dans la conception d’un produit. Mais cela ne résout rien en matière de qualité, il y a des produits très design dont la qualité de son est parfois très inversement proportionnelle à l’esthétique. Cédric Aubriot est le directeur et le fondateur des Waterfall (fabricant d’enceintes en verre, voir mon article du 7 mars 2014) il reconnaît que la marque est encore confrontée de temps à autre à un étiquetage de ses produits comme « seulement Design ». « Ces jugements radicaux sont surtout issus de personnes qui n’ont pas écouté nos produits. Nous reconnaissons et assumons pleinement le fait que certains de nos clients soient attirés par nos produits d’abord pour des raisons esthétiques, ce qui leur permet ensuite de les écouter et d’être séduit par la qualité acoustique. C’est tout de même assez sympathique de pouvoir joindre l’utile à l’agréable »  ajoute t-il.

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Enceintes Waterfall

Une aubaine pour le sans fil

Pratique et esthétiquement intéressants les connections sans fil entre votre terminal mobile et votre amplificateur ou entre ce dernier et vos enceintes jouent pleinement sur le terrain esthétique avec la disparition des câbles. Des technologies qui offrent une facilité d’utilisation afin de séduire un public non averti. Cependant certains fabricants font allègrement glisser leur discours marketing vers la qualité en omettant de dire par exemple au consommateur que la valeur ajoutée qualitative d’un ampli connecté à des enceintes par un câble est bien réelle par rapport à une connexion sans fil. On est aussi à deux doigts de laisser penser qu’une connexion Bluetooth serait équivalente à celle d’une connexion filaire avec un CD ou un DAC, ce qui est erroné.

Le développement de produits design et simples d’utilisation cache aussi une autre réalité : les ventes de produits de haute fidélité traditionnelle ont été divisés par trois ces dix dernières années. Un marché qui depuis les années 80 a bien compris que la valeur ajoutée technique d’un matériel doit s’accompagner d’un valeur ajoutée voire d’une signature esthétique. Du coté des électroniques, le meilleur exemple est sans doute celui de Devialet, si la « communication produit » est essentiellement basé sur un argumentaire technologique, le design de ces amplificateurs a le mérite de ne laisser personne indifférent.

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Amplificateur Devialet

Joindre le qualitatif à l’agréable est donc parfaitement louable, la plupart des marques font le choix d’une esthétique sobre plutôt que de s’aventurer vers un design audacieux. Des choix raisonnables qui à force de vouloir plaire à tout le monde tombent parfois dans une banalité esthétique ennuyeuse. On peut espérer que le choix d’un matériel soit guidé par le ressenti émotionnel d’une écoute, mais il serait sans doute malhonnête de nier que les aspects esthétiques ne sont jamais pris en compte.

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