Accuphase : l’excellence entre Tradition & Innovation


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A l’occasion de mon séjour au Japon, j’ai eu le plaisir de visiter l’usine Accuphase, une marque prestigieuse, véritable légende de l’électronique japonaise haut de gamme dont la fiabilité et la qualité des produits n’est plus à démontrer.

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Accuphase depuis sa création en 1972 est implantée à Yokohama, dans la baie de Tokyo. A 30 km de la capitale, la ville est facilement accessible par train depuis l’immense gare de Shinjuku fréquentée chaque jour par 3,6 millions de passagers.

Le modeste bâtiment de l’entreprise Accuphase est localisé dans une d’une discrète petite rue de la ville. Je suis chaleureusement accueilli par Messieurs Suzuki et Tozuka, respectivement vice-président et responsable des ventes export. Je croise sur le parking quelques véhicules au logo de la marque, mes interlocuteurs précisent que l’entreprise effectue elle-même les livraisons auprès de ses revendeurs de la grande région de Tokyo, un détail qui confirme que le Japon met un point d’honneur à offrir un service client de très haut niveau.

Mes hôtes tiennent à préciser la modeste taille de l’entreprise. Un excès de modestie qui pourrait presque faire sourire quand on connaît la renommée de ces produits. Accuphase est une entreprise de 75 personnes dont la majorité sont des ingénieurs informaticiens en charge de la recherche et du développement (25 personnes) , le personnel dédié à la fabrication à proprement parler représente un effectif d’une quinzaine de personnes. Le travail est parfaitement organisé en quatre départements répartis chacun dans un étage : contrôle qualité/SAV, production, recherche & développement, commercial et administration.

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Un petit dialogue informel s’engage me permettant d’entrer dans le vif du sujet afin de connaitre le point de vue d’une entreprise (qui privilégie depuis 40 ans la lecture des supports physiques) au sujet de la musique dématérialisée. Si le marché du disque est encore dynamique au Japon (voir mon précédent article sur le sujet), cela n’est-il pas un véritable handicap pour les marchés d’exportation ? « Nous sommes parfaitement conscient du développement de la musique dématérialisée, tous nos lecteurs CD intégrés permettent d’exploiter le DAC interne grâce à des entrées appropriées permettant d’y brancher une source numérique comme un ordinateur. Mais nous avons vraiment la conviction que le support CD et SACD représentent la meilleure source possible pour la reproduction de la musique. Nous pensons de que la facilité d’utilisation de la musique dématérialisée l’emporte sur sa réelle valeur ajoutée qualitative. » précise Mark Suzuki, le vice président d’Accuphase.

La visite commence par le troisième étage dédié au contrôle qualité, un terme qui reviendra régulièrement tout au long de la visite comme une préoccupation permanente. Les phases de contrôle qualité sont particulièrement strictes et multiples, elles s’appliquent à 100 % des appareils. Chaque poste de travail fait l’objet d’un contrôle spécifique. Celui qui m’a le plus frappé est une table de vibration qui maltraite à l’excès les machines qui sont exposées à toutes sortes de chocs et de vibrations. A mon interrogation sur la véritable utilité de ces tests, mes hôtes me répondent qu’ils permettront d’avoir la certitude que les produits puissent voyager dans des conditions les plus extrêmes qu’il s’agisse du transport aérien, maritime ou routier. Par ailleurs M. Suzuki indique que ce test en particulier représente également un bon moyen pour détecter d’éventuels problèmes de contacts ou de connexions entre les composants embarqués.

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Les appareils montés et rodés subissent une ultime phase de contrôle dans une cabine de contrôle autonome et dont le responsable est totalement indépendant du chef d’unité. Ce contrôleur indépendant procède in fine à toute une série de tests, lui seul donnera son feu vert pour la conformité finale avant emballage et expédition. Ce département réalise également le service après vente pour le marché japonais qui représente 70 % des ventes d’Accuphase, un SAV spécifique est aussi assuré pour des appareils très anciens. Nous rejoignons une petite salle où sont exposés une cinquantaine de modèles qui témoignent d’une partie du passé d’Accuphase, on s’empresse par ailleurs de m’indiquer que la pièce est beaucoup trop petite pour accueillir tous les modèles fabriqués depuis 1972.

Nous rejoignons ensuite le service de production a proprement parlé du deuxième étage, ici on fabrique environ six mille appareils par an, il faut compter environ 4 à 5 jours de travail pour réaliser le montage complet d’un amplificateur ou d’un lecteur CD. L’objectif est de pouvoir maitriser parfaitement l’intégralité du développement et de la production jusque dans les moindres détails y compris celui du double emballage sécurisé. Ce qui frappe, c’est l’absence d’automatisation, toutes les étapes d’assemblage sont réalisées totalement manuellement avec un très grand soin dans la manipulation des appareils, tous les employés sont par exemple munis de gants blancs. Les produits finalisés sont ensuite mis en test d’échauffement pendant 48 heures.

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Au premier étage, l’ambiance n’est pas moins studieuse, un grand « open space » accueille des postes de travail informatique, M. Suzuki qualifie lui même cet étage de celui des « cerveaux informatiques », ici on travaille sur les prochaines innovations. Une à deux années de recherche sont nécessaires pour la mise point d’un nouveau produit, une nouveauté Accuphase s’accompagne toujours d’une innovation technologique qui apporte un réel progrès à la qualité de la reproduction musicale. Nous traversons l’espace pour rejoindre une porte métallique qui attire mon attention. Tradition japonaise oblige, il convient à présent de se déchausser et d’enfiler des chaussons pour pénétrer dans la salle d’écoute. Le programme de la visite semble parfaitement rodé et il m’est fort agréable de constater que la partie audition est intégrée de façon très naturelle à la visite. Dans le petit auditorium, une dizaine de produits sont à l’écoute. Aujourd’hui mes hôtes me présentent le matériel en démonstration : un préamplificateur C-3800, deux blocs Mono classe A A200 et le couple de lecture/convertisseur CD-SACD DP900/DC 901. Le tout alimentant une paire d’enceintes B&W 800 Diamond, autant dire une configuration ultra haut de gamme.

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La voix de Melody Gardot (qui n’est pourtant pas franchement ma tasse de thé en matière de jazz vocal) est à pleurer, je redécouvre l’univers sonore du concert de Duke Ellington à Paris sur SACD : une merveille absolue. J’ose quelques commentaires entre les plages puis me tait, les mots deviennent dérisoires. Ici on quitte le vocabulaire habituel des superlatifs pour entrer dans un autre monde, les mots me manquent pour décrire les voix d’opéra. La séance d’écoute d’une trentaine de minutes s’achève par le violon d’Isabelle Faust sur les sonates partitas de J.S Bach, un disque que je connais particulièrement bien, l’acoustique du violon est ici distillée avec un niveau de détail époustouflant.

Au fil des années, Accuphase est devenu le gardien d’une certaine tradition de la haute fidélité haut de gamme. Il symbolise avec excellence le paradoxe de la société japonaise qui repose à la fois sur un grand respect pour la tradition et un modernisme sans cesse renouvelé par l’innovation. Si la marque continue de privilégier la lecture de supports physiques, elle innove pourtant sans cesse tant dans l’amélioration des procédés de lecture que dans des technologies d’amplification toujours plus performantes. Accuphase propose une alternative d’exception et hautement durable pour vivre l’écoute de la musique comme une expérience sublime et inoubliable.

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Diaporama / Reportage photo de ma visite

 

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  1. Merci pour ce superbe reportage. Les photos sont exceptionnelles et donnent un excellent aperçu de l’organisation chez ce constructeur, fleuron de la hifi mondiale. On comprend un peu mieux la raison des tarifs élevés de ses appareils !

  2. Bonjour,

    Je ne doute pas de la qualité des appareils Accuphase. En revanche, j’ai toujours trouvé le son BW étrange et ne ressemblant en rien à de la musique acoustique.
    Par relation et comparaison je crois savoir que les japonais, grands perfectionnistes, traitent magnifiquement les salles d’écoute.
    Nous savons l’importance de la pièce d’écoute, au moins 50 % du résultat. J’aimerais savoir si la pièce était traitée. ?
    Un ami musicien a essayé un piano Yamaha, au Japon et a été transporté, enthousiasmé par le son du piano en démonstration. Il lui a été dit que le centre Yamaha avait conçu la pièce pour le piano.

    • Merci pour votre commentaire. La salle d’écoute n’avait pas a proprement parler de traitement spécifique, mais l’installation a été effectue de manière très rigoureuse et cette salle n’avait rien de luxe, trois chaises pliantes et un bon tapis bien entendu !

  3. Tous vos reportages sont très intéressants. Pour rebondir sur la remarque concernant la dématérialisation justement, avec son expérience multifacettes, que pense le commentateur de la comparaison Lecteur SACD / Qobuz ? Peut-être question piège ?

    • Votre question est curieuse et reviendrai a comparer des fraises et des carottes, le SACD pourrait a la limite se comparer aves des fichiers HD, mais une comparaison dans l’absolue est vaine, car il faut prendre en compte tous les parametres du materiel utilisé … Desolé pour cette reponse de normand mais une tout autre réponse seraient mahonnetes …. Bien à vous, Michel

  4. Je reviens à la charge sur BW et une écoute au salon. Inutile de dire que j’ai entendu dans le salon Devialet BW a été la pire écoute de mon salon.
    je ‘n’arrive pas à comprendre ce monde d’électronique et de brute. Où est la finesse, la délicatesse, le raffinement, l’intelligence, la sensibilité, les pianissimos enfin où est la musique ?. Du gros son de brute, des enceintes Rambo voilà ce que j’ai beaucoup entendu.
    désolé mais il doit falloir des conditions exceptionnelles pour faire marcher des BW.
    JP H.

    • Merci pour votre point de vue, je ne retire pas un mot au sujet de mon écoute Accuphase / BW ni au sujet du couple Devialet/ Atohm GT1 que je trouve vraiment excellent. Je n’ai pas écouté l’installation Devialet BW au salon, mais au premier coup d’oeil, il me semble que la pièce d’écoute était probablement petite pour ce système.

    • Utilisant auparavant des ençeintes Focal Electra, je suis tombé sous le charme des bw 802, elle fonctionnent à merveille chez moi avec un ensemble Accuphase en classe À. Avec une electronique inadaptée ( je n ai pas dit mauvaise) il est facile de rendre une enceinte désagréable à l ecoute.

      Gilles