Dans les coulisses de Qobuz

Mon dernier passage dans les locaux de Qobuz remonte à plus de quatre ans, autant dire qu’une nouvelle visite s’imposait. L’occasion de vous faire découvrir les tout nouveaux locaux de Qobuz et de comprendre comment les équipes nous préparent chaque jour un contenu original. Reportage et immersion au cœur d’une entreprise pas comme les autres.

Des open space entre détente et concentration

Passé le périphérique parisien, il faut rejoindre un imposant centre d’activité de Pantin pour dénicher les nouveaux locaux de Qobuz, le déménagement date de mars 2017, il est la conséquence de la reprise de l’entreprise par le groupe Xandrie. Lorsque l’on pénètre dans le premier des deux open-spaces, on est d’abord surpris par la taille vraiment imposante de ce premier plateau. Les locaux d’une surface totale de 900 m2 accueillent aujourd’hui une cinquantaine d’employés, ces zones de travail très ouvertes cohabitent avec des bureaux fermés et de nombreuses salles de réunion. Le premier étage est dédié à l’accueil de l’équipe éditoriale, le marketing et le service client, les services « IT » (chargés notamment de travailler du développement des applications futures) sont installés dans une série de bureaux fermés et vitrés.

Au deuxième étage, les bureaux de la direction, des ressources humaines cohabitent avec un autre open space de taille plus modeste où l’on retrouve les équipes chargées du business développement, des partenariats, de la business intelligence. Ce dernier service a pour mission notamment d’observer et d’analyser à la loupe le comportement des abonnés afin de pouvoir mesurer par exemple l’intérêt ou le succès d’un album ou d’une opération promotionnelle en cours. C’est l’occasion ici de tordre le cou à une “fausse” idée reçue que Qobuz serait la plateforme du classique et du jazz. ” En réalité, la musique pop-rock est le genre musical le plus populaire sur Qobuz avec environ un tiers des streams et des téléchargements. Nous avons tout de même un quart de la musique écoutée qui est classique et 15% de jazz, ce qui est bien plus que toutes les autres plateformes de musique en ligne. Viennent ensuite avec moins de 10% la world, l’électro et le blues. Autant dire que nos utilisateurs ont des goûts très éclectiques.” précise Xavier Tumminello, le nouveau responsable de la communication fraichement arrivé il y a quelques mois.

Je m’installe discrètement au cœur du grand open space, l’ambiance est feutrée, pour le moins studieuse, je ne perçois que le clapotis des claviers d’ordinateurs, même si de temps à autre, quelques effluves musicales s’échappent discrètement. Le nombre d’employés portant un casque audio me confirme effectivement que nous sommes bien dans une entreprise de l’industrie musicale. L’ambiance est quelque peu décontractée un peu en mode “startup”, un très agréable espace de détente et de réunion avec des canapés modernes et de nombreuses salles de réunions joliment aménagées.

Mes quelques heures passées chez Qobuz m’ont donné l’opportunité de pouvoir m’entretenir individuellement avec quelques responsables afin de mieux appréhender le quotidien des équipes de notre champion tricolore de la musique en ligne.

Voyage au milieu du cloud

Quentin Mazé est le responsable du “Digital Supply Chain”, autrement dit le service qui gère concrètement l’acheminement de vos fichiers préférés. J’ai donc voulu connaitre le parcours de ces fichiers depuis les labels jusqu’a votre ordinateur ou votre smartphone.

Tout commence en réalité par un contrat entre Qobuz avec un fournisseur (c’est le nom que l’on donne aux distributeurs pour la musique dématérialisée). Par la suite un système de flux est organisé et automatisé entre les serveurs des fournisseurs et ceux de Qobuz. Les informations transmises sont de différentes natures comme des métadonnées sont des informations strictement factuelles qui concernent par exemple sujet le nom de l’artiste, le titre de l’album, le prix, la date, les droits et les pays autorisés …etc… Les flux intègrent aussi des fichiers image et PDF pour matérialiser les visuels de l’album, le livret quand il est disponible et bien entendu les fichiers audio. Toutes ces informations transitent par le serveur Qobuz qui est hébergé par cloud Amazon Web Services, (un service de cloud computing qui n’est pas directement lié à la boutique Amazon). Il se trouve que ces serveurs sont physiquement localisés en Irlande.


Qobuz reçoit et diffuse en moyenne entre
10.000 et 30.000 albums par semaine !


” Sauf problème particulier, les fichiers sont reçus, traités, vérifiés automatiquement et livrés sur le site de Qobuz en deux heures de temps. Seuls les fichiers Hi-Res nécessitent un délai de 48 heures minimum, car les procédures sont plus longues et peuvent être semi-automatisées afin de vérifier de la qualité des fichiers concernés. Nous disposons bien entendu des outils de back-office afin de contrôler en temps réel l’ensemble des flux et afin de pouvoir intervenir en cas de problème.” me précise Quentin Mazé.

Le contenu éditorial, la French Touch Qobuz !

Ma rencontre avec Marc Zisman me plonge dans la réelle valeur ajoutée de Qobuz par rapport à ses concurrents : l’organisation et le développement d’un contenu original et exclusif. Marc est le véritable “Monsieur contenu” de Qobuz et faut-il rappeler au passage qu’il est le rédacteur en chef de la partie magazine depuis la première heure de l’aventure Qobuz. « Bicéphale ! » le mot est lancé dès le début de notre échange et ce mot-clé traduit bien cette double singularité de Qobuz, un service de téléchargement et de streaming de qualité certes, mais aussi un contenu éditorial toujours plus riche et plus divers.

“Peut être faut-il rappeler que notre travail est vraiment similaire à celui d’un disquaire d’il y’a quelques années. Compte tenu de l’immensité de la production discographique, notre rôle est donc d’organiser l’offre et il s’agit d’abord de suivre en temps réel l’actualité musicale, de relayer des opérations promotionnelles des labels à nos abonnés. L’ADN de Qobuz repose vraiment sur un contenu original que nous souhaitons toujours plus riche y compris dans ses formats. Le vendredi est le jour des sorties discographiques de la très grande majorité des labels et je dois dire que cette uniformisation du calendrier nous a rendu un grand service dans l’organisation du contenu. Chaque semaine nous avons une réunion de notre comité musical afin de décider des opérations commerciales en partenariat avec les labels, mais aussi des albums ou des artistes que nous souhaitons mettre en avant sur des critères strictement artistiques.”

Au-delà des simples nouveautés, Qobuz produit des contenus une multitude sous différents formats : le “back catalogue” concerne le patrimoine, les biographies toute cette mine de précieuses informations qui vont venir enrichir « l’expérience Qobuz ». Une vingtaine de personnes ne travaillent que sur le contenu qu’il s’agisse de la partie magazine, des newsletters, des articles, des grands angles, des vidéos ou encore des playlists.

Par exemple la mise à disposition de l’ensemble du catalogue ECM en streaming s’est accompagné chez Qobuz d’un grand angle de la partie magazine avec l’interview de Manfred Eicher, le patron fondateur d’ECM, avec des exclusivités Qobuz comme un contenu exclusif sur certains albums, la mise disposition des livrets ECM et bien entendu la disponibilité des albums aussi en format Hi-Res

Marc Zisman insiste enfin sur un autre point : “contrairement à certains de nos concurrents, notre philosophie n’est pas de recommander de manière automatisée à nos abonnés des titres qui pourraient leur plaire, mais bien au contraire de développer un contenu le plus riche possible pour les inciter à faire des découvertes y compris dans des thématiques musicales qu’ils ne connaissent pas, c’est pour cette raison que nous développons sans cesse des outils de recherche et de découverte avec une grande variété de playlists thématiques ou des rubriques comme “discothèque idéale”.

De retour dans l’open space, je surprends des bribes de conversations en allemand, on me précise en effet que deux personnes sont chargées en interne d’un contenu spécifique dans la langue de Goethe. Qobuz poursuit son développement aussi à l’international, après neuf pays couverts, l’Espagne et l’Italie vont très prochainement compléter la couverture européenne et Qobuz annoncera au CES de Las Vegas début 2018 son implantation prochaine sur le marché américain.