Voici le premier épisode d’une longue série de tests de systèmes casques + amplis, des associations qui promettent une expérience d’écoute de haut niveau. En ouverture donc, il sera question de préalables et de méthode et d’un premier test du casque Audioquest Nighthawk associé à l’ampli casque Marantz HD DAC1.

Avant donc de nous jeter dans le grand bain de cette première association, voici quelques préalables au sujet des critères retenus et sur la façon de procéder.

Déballage
Je ne vais pas m’éterniser sur ce sujet, mais dans le cas précis des casques, il s’agit essentiellement de vérifier (compte tenu des niveaux de tarifs) si ces beaux casques sont présentés dans un coffret de rangement valorisant et fonctionnel. Autant vous dire que j’aurai quelques coups de gueule contre certains fabricants qui n’ont aucun scrupule à vendre un casque près de 1000 € dans un carton dont la qualité est proche de celle d’une boite à mouchoir !

Prise en main
Une première prise en main devra permettre d’évaluer la qualité de finition, d’apprécier des matériaux utilisés et l’ergonomie. La connectique sera aussi un point important, de nombreux casques de cette catégorie offrent une connectique détachable, mais ces belles connectiques sont-elles standards ? ou dans un format propriétaire ? Ce qui signifie généralement dans ce dernier cas que l’addition d’un câble de remplacement risque d’être fort salée …

Quid du confort
Vous avez peut être des expériences plus moins heureuses sur le sujet, une impression de serre-tête façon « un grille-pain » ? un sentiment désagréable d’enfermement ? des coques au maintien mal ajustées ?… autant de défauts qui peuvent vraiment vous gâcher votre plaisir … Sans parler des porteurs de lunettes (dont je suis) et dont le serrage des branches contre les tempes est parfois un vrai calvaire ! Enfin, le poids du casque est aussi un élément à prendre en compte et un petit passage sur la balance ne me parait pas superflu, quelques grammes de trop pourraient en réalité s’avérer assez handicapant après de longues heures d’écoute.

Conditions d’écoute & HiRes
Je suis parfois dubitatif sur l’intérêt des fichiers de haute résolution, car nombre de systèmes HIFI ne permettent pas réellement de pouvoir entendre les différences entre un fichier HD et un fichier FLAC (qualité CD). En revanche l’utilisation d’un casque de haut de gamme s’avère être fort pertinent, mes expériences d’écoute HiRes sont, à cet égard, assez fabuleuses.

AUDIOQUEST NIGHTHAWK + MARANTZ DAC HD1

Une conception originale, un casque semi-ouvert
Le casque est rangé et présenté dans une belle housse rigide en simili cuir valorisante et ergonomique, dotée d’une poignée pour faciliter le transport. La documentation réellement utile est assez minimaliste, pas un mot de français à l’exception le mot de bienvenu du patron d’Audioquest, avec au passage une traduction française d’une qualité hasardeuse.

La première chose qui frappe à la prise en main de l’objet, c’est le look et la forme inhabituelle des coques. Celles-ci sont fabriquées en bois injecté avec des fibres végétales recyclées (Liquid Wood), un matériau choisi pour son caractère écologique et ses propriétés acoustiques. Les coussins de cuir sont moelleux et suffisamment fermes, ils assurent un très bon niveau de confort sur les oreilles. Ces coussins de cuir sont montés sur un support rigide amovible qui se déclipse, une excellente initiative dont nombre de fabricants (aux casques beaucoup plus chers) pourraient s’inspirer.

En revanche (comme sur un très grand nombre de casques) le sens de port n’est pas absolument intuitif, il est toujours un peu agaçant de partir à la recherche des indispensables inscriptions droite/gauche (L/R). C’est à se demander parfois si les fabricants ne prennent pas parfois un malin plaisir à dissimuler autant que possible cette signalétique pourtant essentielle.

Un astucieux double arceau permet sur sa partie supérieure de supporter les coques de manières suspendues à l’aide fixations plastiques souples, un dispositif qui permet notamment d’amortir les vibrations. On est tout de même en droit de s’interroger sur une possible la fragilité du dispositif et douter de sa véritable longévité. L’arceau intérieur supporte un bandeau cuir qui assure un bon maintien sur le dessus de la tête sans aucun effet « serre-tête ». On appréciera par contre les câbles détachables et dans un format standard (mini jack).

Ce casque est semi – ouvert, sa structure offre donc à la fois une isolation des bruits extérieurs tout en donnant un peu d’air à l’écoute. Ce compromis est réussi, car le niveau d’isolement est vraiment correct et l’écoute ne souffre nullement du syndrome d’enfermement, même si on aurait pu apprécier une ouverture de la scène sonore un peu plus large. Ce casque est doté de transducteurs dynamiques en bio cellulose d’un diamètre plutôt généreux (50 mm).

Compte tenu de sa faible impédance (25 Ohms) et son bon niveau de sensibilité (100dB), ce casque est assez facile à driver, cela lui confère aussi une certaine polyvalence avec une possible utilisation à partir d’un smartphone, même si l’utilisation sur un vrai ampli casque restera absolument à privilégier. Pour alimenter ce casque, j’ai choisi donc un ampli casque DAC qui offre une excellente performance et un bon rapport qualité-prix : le Marantz HD- DAC1. Le DAC est compatible 24 bits / 192 kHz , il peut lire également les fichiers en haute définition DSD 64 et 128 . Cet appareil peu encombrant est de surcroit un bel objet, on appréciera ses panneaux latéraux en bois laqué. A l’aide son DAC embarqué, il vous vous suffira de le brancher à votre ordinateur à l’aide par exemple d’un câble USB ou d’une connexion coaxiale ou optique. La lecture de fichiers a été effectuée depuis mon ordinateur Macbook pro à l’aide de la fameuse application Audirvana qui intègre tout mon abonnement et mon univers Qobuz.

Quatre titres, quatre écoutes, quatre impressions

  Stokowski Hungarian Rhapsodies – 24 bits 44,1 kHz
La « pression » de cet orchestre symphonique ne souffre d’aucun phénomène de saturation même à volume soutenu. Cet enregistrement offre des écarts de dynamiques des plus intéressants et les solos de clarinette virevoltent et se détachent sans difficulté dans une scène sonore assez généreuse car il faut bien reconnaitre que le caractère oppressant du début du thème par l’orchestre est un vrai défi.

Jacques Brel, Ne me quitte pas – 24 bits 96 kHz
La scène sonore est d’un réalisme saisissant , le grain de la voix du chanteur offre un bon niveau de détail et la présence du grand Jacques devient ici assez exceptionnelle avec un réalisme assez troublant avec un sentiment de proximité avec l’artiste.

Charlie Haden Jim Hall, 24 bits 96 kHz
La contrebasse du grand Charlie offre une sonorité riche et structurée, mais sans excès, le niveau des basses est excellent de bonne tenue. Si l’arrivée de la guitare de Jim Hall est assez réaliste, je suis un peu gêné par la qualité des médiums que je trouve un peu clinquants, le grain de guitare est très beau, mais je ne retrouve pas tout à fait le son de sa guitare dans les médiums.

Carmina Burana – Carl Orff 24 bits 96 kHz
Un enregistrement qui permet de prendre toute la mesure des écarts de dynamiques qui doivent nous pouvoir apporter autant de précision dans les volumes faibles que lorsque l’orchestre délivre toute sa puissance. La mise en orbite se déroule sans encombre, nous voici parmi les étoiles avec un excellent niveau d’immersion.

Pour conclure
L’équilibre tonal de ce casque est globalement bon, la tenue en basses est très bonne, celles-ci sont claires sans être surdimensionnées ou intrusives. Par contre j’ai été un peu désagréablement surpris par le traitement des médiums que j’ai trouvé un peu trop avantageusement chaleureux. Les aigus sont en revanche précis et sans agressivités aucune. Mais ce casque est au final une belle réussite pour ce niveau de tarif (environ 600€) , c’est un appareil facile à vivre et à adopter, le très bon niveau de précision et la belle scène sonore pour ce niveau de tarif. Pour quelques centaines d’euros supplémentaires, l’association avec l’ampli casque Oppo HA1 vous permettra incontestablement d’aller plus loin dans vos écoutes et d’optimiser un peu plus les qualités de ce casque.

Ce NighHawk est un casque haut de gamme assez facile à vivre, son association avec l’ampli Marantz DAC HD1 est une association facile, plaisante et qui conviendra tout particulièrement à tous ceux qui souhaitent entrer facilement dans le monde des casques haut de gamme.

J’ai apprécié

  • L’excellent niveau de confort
  • La scène sonore réaliste
  • Le juste niveau des graves
  • Son utilisation polyvalente

J’ai regretté

  • La possible fragilité des suspensions plastiques de l’arceau
  • Les médiums un peu trop flatteurs

Tarifs :

  • Audioquest NightHawk : 599
  • Marantz HD DAC 1 : 899 €

Fiche technique Audioquest NightHawk

  • Casque semi-ouvert circum-aural
  • Transducteur dynamique de 50 mm en biocellulose
  • Puissant aimant (BL de 1,2 Tesla/m)
  • Coques en bois (Liquid wood)
  • Impédance : 25 Ohms
  • Sensibilité : 100 dB / 1 mW
  • Puissance admissible : 1,5 W
  • Étui, adaptateur 3,5 mm vers 6,35 mm
  • Poids : 346 g

Fiche technique Marantz DAC HD1

  • DAC audio USB compatible PCM et DSD
  • Convertisseur numérique-analogique 32 bits et 192 kHz Cirrus Logis CS4398
  • Compatible PCM et DSD (natif)
  • Port USB asynchrone
  • Double horloge numérique de haute précision
  • Afficheur LCD
  • Sortie casque
  • Niveau de sortie ligne : 2 V (10 kOhms)
  • Puissance sortie casque : 800 mW sous 32 Ohms
  • 1 port USB type B
  • 1 port USB de type A
  • 1 entrée S/PDIF coaxiale RCA
  • 1 entrée analogique mini-jack stéréo
  • 2 entrées S/PDIF optiques Toslink
  • 2 sorties ligne RCA (dont une à niveau variable)
  • 1 entrée et 1x sortie remote RCA
  • 1 sortie casque 6,35 mm
  • Télécommande
  • Dimensions (lxhxp) : 250 x 90 x 270 mm
  • Poids : 5 kg
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