Sugden A21 SE Signature : la grande Classe !

18 décembre 2015

amplificateurs

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Je vous propose de clôturer cette année 2015 avec le test d’électroniques Sugden, cette discrète marque britannique n’en est pas moins le précurseur de l’amplification en Classe A. L’occasion de revenir sur cette technologie particulière et sur une expérience d’écoute des plus réjouissantes.

Il faut remonter aux années 60 pour découvrir le premier amplificateur conçu par un certain James Edward Sugden. Après la mise au point de premiers prototypes, il effectue des démonstrations publiques pour faire écouter la supériorité musicale de la classe A et commence la commercialisation de ses premiers amplificateurs. L’amplificateur Sugden A21 fût comme le premier amplificateur en Classe A sur le marché en 1966. La longévité exceptionnelle de ce modèle qui a lentement évolué au cours des cinquante dernières années nous interroge sur l’effrayante course aux nouveautés de la plupart des marques, de nouvelles versions dont la valeur ajoutée n’est pas toujours réelle .

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Partie du signal d’entrée utilisée selon les classes d’amplification

C’est quoi la classe A ?

Pour faire simple, il convient d’abord de préciser que la question des classes d’amplification concerne l’utilisation du signal audio et le fonctionnement électrique de l’étage de sortie. Tous les composants et transistors d’un amplificateur de Classe A sont constamment actifs, ils amplifient la totalité du signal d’entrée (contrairement à la classe B qui n’amplifie qu’une partie du signal). Voici un exemple pour mieux faire comprendre le fonctionnement de la Classe A, imaginez-vous un instant démarrer une voiture et que celle-ci vous propulse instantanément à plein régime et que son moteur tourne en permanence à ce régime de croisière. La classe A permet de limiter énormément les distorsions sur le signal de sortie et d’offrir donc une excellente définition de ce dernier  et apporte une bonne réponse dynamique. Le revers de la médaille est que ce système présente un rendement énergétique faible, très gourmand en énergie la déperdition est en effet importante, la puissance consommée est toujours à son maximum, même au repos et c’est donc peu dire qu’un amplificateur en classe A chauffe !

Ce type d’amplification est de surcroit est assez cher à mettre en oeuvre, car il nécessite un savoir-faire spécifique, il convient notamment de dimensionner les composants permettant de gérer une telle énergie, mais l’utilisation d’une technologie en classe A n’est pas un gage de qualité en soi. La très grande majorité des amplificateurs du marché sont aujourd’hui en classe AB utilisant ainsi un compromis entre rendement et puissance.

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Le couple A21 SE signature / lecteur CD fusion 21

Le premier contact avec ces électroniques est des plus rassurant. On apprécie d’abord son esthétique épurée avec son imposante et épaisse façade anodisée titane ou aluminium (il se trouve que les deux appareils prêtés possédaient chacun une de ces deux finitions) une élégance qui se conjugue avec sobriété. La finition est irréprochable, il inutile de chercher des détails qui pourraient révéler un assemblage faillible, il n’y en a pas. Cette finition exemplaire s’explique probablement par un assemblage totalement manuel et réalisé exclusivement dans l’usine Sugden du Yorkshire en Angleterre. J’ai trouvé les commandes fonctionnelles et particulièrement ergonomiques. Le gros bouton de l’amplificateur qui permet de sélectionner le source dispose d’un touché cranté, une preuve de sérieux et de solidité. Même remarque sur le bouton à impulsion qui permet la mise en route. Le lecteur Sugden fusion 21 reçoit une mécanique CD de haute précision, mon regret concerne le temps de reconnaissance du format et d’ouverture du tiroir. L’appareil prend en effet plusieurs secondes à faire le job, de quoi irriter un peu les esprits impatients dont je reconnais volontiers faire partie. A noter que Sugden a eu l’excellente idée d’équiper le lecteur d’une entrée spdif (coaxial) permettant ainsi à l’utilisateur de bénéficier de toutes les qualités du convertisseur et d’y brancher d’une autre source numérique (comme un ordinateur) à l’aide du bouton « Stand By » en façade qui vous permettra de réserver l’usage du DAC interne pour votre entrée numérique. L’ensemble est livré avec une télécommande « tout plastique » digne des matériels les plus bas de gamme, un accessoire qui n’est franchement pas à la hauteur de la qualité esthétique de ces machines et il est dommage que ce détail ait été négligé.

14252752072_f46f7c5d2e_bUne expérience d’écoute exceptionnelle

Mes écoutes de ces électroniques Sugden se sont donc effectuées avec mes enceintes de test habituelles : des Mulidine Allegretto câblées par mes câbles ZEF MAX (Atohm) (même si en fin de test, je n’ai pu résister de les remplacer par leurs grandes sœurs les Mulidine Cadences). Les 2 x 30 watts de l’amplificateur  Sugden sont ici largement suffisant pour un amplificateur de ce type, le niveau d’écoute est en effet très confortable en compagnie des allegretto dont le rendement est de 91 dB. Les premières minutes d’écoute suffisent à comprendre et à apprécier ce qui se passe : un sentiment de fluidité et de rapidité est véritablement perceptible. L’expérience devient très rapidement ludique avec le sentiment que ce flux est en quelques sorte propulsé, comme si un bouchon venait d’être brutalement éjecté, laissant la musique s’imposer avec dynamique, clarté et justesse.

Cet ensemble va redonner un sérieux coup de jeune à vos enregistrements, j’y ai découvert et entendu certains détails de mes enregistrements favoris que je n’avais jamais entendus auparavant, l’expérience est pour le moins troublante. S’il ne fallait retenir qu’une plage de tests, cela serait sans doute cet « Oriental Bass » de Renaud Garcia Fons, tellement ce titre est riches de micros informations et foisonne de superpositions d’instruments dans un registre tonal très large. Je pensais donc avoir fini d’explorer cette forêt malicieuse et foisonnante de percussions et de timbres en tout genre. Que nenni ! J’y ai encore découvert quelques triangles bien cachés ou de petites percussions en arrière arrière plan, sans compter sur les multiples timbres qui se redéfinissent avec encore un peu plus de clarté.

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Passé la surprise et la première délectation, je poursuis mes écoutes et je cherche les artifices, en vain, mes écoutes se prolongent sans aucune fatigue ou lassitude. La subtilité consiste notamment à offrir une réponse dynamique exceptionnelle sans être pour autant dans la tension, la nervosité ou dans un registre qui pourrait être d’une grande sècheresse. La première plage de ce Rhapsody in Blue de Gershwin (Los Angeles Philharmonic dirigé par Léonard Bernstien/Deutsche Gramophone) est tellement vivante qu’elle me renvoie à quelques souvenirs de concerts à Broadway. Mon enthousiasme m’a mené à enchainer tout l’album d’une traite. L’expressivité de la musique fait preuve d’un réalisme exceptionnel, la musique respire avec une ampleur rare. Ici le naturel s’impose dans une version grand large, la scène sonore est très généreuse, la fluidité dans le médium est assez époustouflante et les timbres sont sublimes. Plus fort encore, ce couple Sugden réussit incontestablement à gérer un paradoxe : faire cohabiter sans concession aucune l‘énergie libératrice avec une dimension charnelle, un peu à la manière d’ une main de fer dans un gant de velours.

Ces appareils se situent incontestablement dans une offre haut de gamme, mais ici les tarifs sont pleinement justifiés par une technologie totalement maitrisée et par un résultat sublimé. Cette offre va sévèrement faire disparaitre de très nombreux produits concurrents dont les prestations aux tarifs parfois beaucoup plus élevés vont cruellement devenir indécents. Parmi les très nombreuses électroniques qui se sont installées dans mon salon, celles-ci tiennent indiscutablement le haut du pavé offrant une jouissance de la musique sans égal, une approche vivante de la musique poussée à son extrème. Pour tous ceux qui pensent avoir trouvé le Graal en matière de restitution musicale, Sugden est indiscutablement une expérience à vivre sans modération aucune !

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Lecteur CD Sugden Fusion 21

 J’ai aimé

  • Les performances hautement musicales !
  • L’excellent niveau de détail
  • L’esthétique élégante et sobre
  • La finition parfaite
  • L’ergonomie

J’ai regretté

  • La lenteur des commandes du lecteur CD
  • La télécommande « tout plastique »

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TarifsAmplificateur Sugden A21 SE signature : 3000 € ; lecteur CD Sugden fusion 21 : 2490 €

Fiches techniques :  Amplificateur A21 SE signature , lecteur CD fusion 21

 

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