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Cette semaine, j’ai rencontré Frédéric d’Oria-Nicolas, fondateur et directeur artistique du label Fondamenta. Le label est domicilié dans la toute proche banlieue du sud de Paris. Il faut emprunter deux beaux escaliers en bois ciré pour rejoindre une vaste pièce sous les toits

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qui accueille un piano à queue Steinway et un système Haute Fidélité composé de deux blocs mono Devialet de 800 watts, d’une table de lecture vinyle et d’un bras Pierre Riffaud, d’une paire de Focal Be Nova et de câbles Absolue Créations référence. Immédiatement, le ton est donné, ici se côtoient avec naturel l’univers d’un instrumentiste de haut niveau et celui d’un audiophile exigeant. La musique depuis sa conception jusqu’à sa restitution : la marque de fabrique du label Fondamenta.

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Un brillant parcours

Frédéric d’Oria-Nicolas est un pianiste aussi atypique que talentueux, il pratique le piano depuis son tout jeune âge. A 13 ans, à l’occasion du festival international de Colmar, il fait une rencontre déterminante : celle de Tatiana Zelikman, quelques années plus tard il deviendra son élève au sein de la très illustre Académie Gnessine de Moscou, des études en Russie qui vont durer près de sept ans. A son retour en France, il entreprend des démarches pour enregistrer son premier album, étape indispensable dans le parcours du jeune artiste. Peu satisfait par les conditions proposées, il va décliner par deux fois les propositions offertes par des maisons de disques. « A posteriori je ne regrette pas ce choix, mais je reconnais qu’il m’a fallu un certain courage pour refuser des propositions alors que je n’étais qu’un jeune artiste peu connu à l’époque » se souvient-il. Il lui faudra attendre encore quelques années pour faire la rencontre d’un mécène privé qui, souhaitant soutenir son travail, lui permet enfin d’enregistrer son premier album dans les conditions les plus exigeantes (CD FON-112008-01-001/Schubert et Lizst enregistré à la Ferme de Villefavard, 2008). Ce premier album marque ainsi la naissance au label Fontamenta.

Vidéo de présentation de l’album « Odyssey » – Frédéric d’Oria-Nicolas

Une démarche où la notion de compromis n’a pas sa place.

Le label est né de la volonté de se différentier en proposant des enregistrements hautement qualitatifs. « Ce qui m’a conduit à créer le label Fondamenta pourrait se résumer en une seule question : comment l’œuvre enregistrée va t-elle sonner ? La préoccupation du son de son propre instrument dans un lieu doit conduire à s’interroger sur ce que l’auditeur entendra sur le disque. Je suis encore très surpris de constater qu’un grand nombre de musiciens ne se posent pas cette question. J’ai une idée très précise de ce que je veux entendre et je me suis entouré d’une équipe qui puisse apporter un savoir faire exceptionnel et des moyens techniques de haut niveau. C’est pour cette raison que je collabore régulièrement avec Nicolas Thelliez, ingénieur du son et administrateur du label. Par exemple l’enregistrement d’un piano est d’une grande complexité, le son d’un piano c’est quatre vingt huit touches et soixante huit réglages par touche ! Une journée entière est généralement nécessaire pour positionner les micros pour le seul piano. » ajoute Frédéric d’Oria Nicolas.

Fondamenta explore des liens de filiation entre certaines œuvres pour organiser un contenu musical cohérent. Les programmes et les œuvres sont organisés comme des voyages ou des œuvres littéraires qui se dévoilent avec un début et une fin. Par ailleurs, Le label soigne particulièrement les textes des livrets, il s’agit de donner des clefs à l’auditeur, de l’accompagner dans sa découverte et son appréciation de l’œuvre. Fondamenta ne laisse rien au hasard, ni le choix de l’instrument ni celui du lieu d’enregistrement : « Nous n’utilisons pas le même piano ni les mêmes lieux pour des pièces de Schubert ou pour la musique de Rachmaninov ». L’acoustique du lieu étant bien entendu une composante à part entière du résultat final, Fondamenta fait le choix de lieux qui font vivre la musique. Un ensemble d’exigences qui représentent un coût : la production moyen d’un album Fondamenta se chiffre entre 17.000 et 23.000 euros, soit environ trois à quatre fois supérieur aux tarifs habituels pratiqués par la plupart des labels. « Pourtant, nous n’avons jamais voulu proposer des produits à un tarif supérieur aux prix du marché, nous avons réussi à maintenir un prix moyen de 18 euros pour un album grâce aux aides de certains organismes (Adami, SCCP) et grâce à des partenariats privés ponctuels sur certains projets. » précise Frédéric d’Oria-Nicolas.

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Une innovation pour une écoute mobile

« Je suis parti d’un constat personnel : une grande frustration de ne pas pouvoir faire des écoutes correctes pendant les longs trajets en voiture. La musique acoustique présente l’avantage d’utiliser une grande plage dynamique, mais les qualités d’écoute d’un système haute fidélité deviennent très vite des défauts dans un environnement bruyant et mobile comme la voiture. On est en effet contraint de régler le volume sans cesse. Nous avons donc imaginé et conçu une version du Mastering pour obtenir un rendu optimisé pour les baladeurs, les ordinateurs et la voiture afin de vraiment ressentir toutes les nuances d’un enregistrement ». Fondamenta propose pour chaque album acoustique (et au même prix) deux disques : une version « Fidelity Mastering » à écouter sur son système haute fidélité et une version « Mobility Mastering » destiné à une écoute sur baladeur, ordinateur ou en voiture. Un concept fort intéressant et totalement inédit qui pourrait réconcilier les mélomanes avec les contraintes de l’écoute en mobilité. Au volant de ma voiture, j’ai donc procédé à une écoute comparative entre les deux versions et le confort d’écoute est immédiatement perceptible sur le CD Mobility, même avec le lecteur CD de qualité très moyenne embarqué dans ma Peugeot.

Nés d’une passion sans limite pour la musique et d’un respect absolu pour l’œuvre et les interprètes, les enregistrements Fondamenta font vivre la musique avec une présence exceptionnelle et rapproche avec évidence l’auditeur de l’essentiel : la grâce de la musique.

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Catalogue :
16 albums en version CD ou en musique dématérialisée (tous disponible en qualité HD et en format mastering mobility).
A paraître : « Pierrots lunaire » avec Mélanie Clapies (violon) et Yan Levionnois (violoncelle)

Réseaux de distribution :
France : Sony Music – Allemagne : Harmonia Mundi – Royaume Uni : Select Music – USA & CANADA : Naxos.

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