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Les scènes jazz et Folk produisent chaque année un nombre incalculable de jeunes chanteuses, trop me direz-vous ? Qui pourra se plaindre d’une telle diversité ? sauf qu’un grand nombre de ces voix ne sont pas toujours d’une grande originalité, particulièrement dans le jazz qui produit des artistes qui chantent plus ou moins toutes de la même façon.

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Aujourd’hui je vous propose de faire une pause dans ce concert de voix suaves et sensuelles qui à force d’effets finissent parfois par se vider de toute substance musicale. Dans la grande discothèque mondiale Qobuz, je viens de tomber sur une perle, mais attention on s’éloigne sérieusement des clichés de la “chanteuse de jazz”.

Du reste faut-il parler de jazz ? Le jazz est une grosse éponge généreuse qui assimile nombre de tendances, de styles, qui adopte des enfants de partout, toujours plus nombreux, c’est très bien ainsi !

Elle s’appelle Becca Stevens , elle a commencé sa courte carrière sur la scène New-Yorkaise. Formée à la guitare classique puis au jazz à la “New School for Jazz and Contemporary Music” de New York , c’est ici que cette jeune auteure, compositeur-interprète y a rencontré ses compères musiciens, elle a aussi travaillé avec le pianiste de jazz Brad Medlau .

6BS2011MatthewMurphy-1312233262Becca Stevens et ses musiciens

Les premières sonorités nous renvoient directement du coté de la musique Folk. Le parti pris instrumental est original et audacieux : une instrumentation uniquement acoustique : guitares sèches, contrebasse, accordéon, ukulélé, charango et de l’harmonium. Ces chansons à deux voix font clairement références à la musique folk dans la plus grande tradition américaine. En revanche, l’orchestration y est travaillée comme du jazz. Ici on assiste à un projet hybride fort intéressant où la rigueur et l’audace harmonique (provenant sans doute d’une solide formation jazz) est mis au service d’une trajectoire mélodique ambitieuse que chacun pourra ranger dans la “boite” qu’il lui convient.

Au final, Becca Stevens offre nous propose une voix d’une très grandeur fraicheur, un vent nouveau qui fait du bien. J’apprécie aussi le choix de la restituer la voix naturellement, cela repose vraiment de l’excès de réverbération et d’effets en tout genre dont je m’étais déjà agacé lors un précédent article.

L’audace mélodique et la maitrise instrumentale ne sont jamais utilisés comme un abus de pouvoir démonstratif, très vite ces mélodies nous placent en apesanteur et deviennent familières avec une étonnante facilité, sans doute la preuve d’un talent authentique qui sait toucher celui qui accepte de prêter une oreille attentive. Une trajectoire mélodique et mélancolique vient de passer comme une comète, elle devrait laisser derrière elle une traînée de belles soirées d’hiver.

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3 titres à écouter de son deuxième et dernier album (2011) ” Weightless”:

” There is a light”

” Weightless ” 

” You can fight ” 

– Ecouter un aperçu de son album sur naive (en qualité mp3) ou à télécharger ou à écouter en qualité CD sur Qobuz – Téléchargement possible aussi sur Spottify ou Itunes. – CD disponible sur priceminister

Crédits photo : Matthew Murphy / beccastevens.com

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