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Un coup de cœur, un objet rare, un disque singulier « coincidences » : une aventure sonore et musicale peu commune. Le pianiste Stéphan Oliva nous livre ici bien plus qu’une succession de titres, sa musique défile dans un paysage mélancolique et noir.

Faites cette expérience, cet objet offre ce que la musique a de plus intime à partager, un disque à écouter en solitaire, isolez-vous, à l’aide d’un bon casque si besoin, la plongée dans cet imaginaire sensible et troublant va pouvoir commencer.

Très vite on oublie le contexte de la musique (jazz et musique improvisée) et on se laisse embarquer par ces atmosphères assez addictives ;  J’ai aussi beaucoup apprécié les parti pris techniques et esthétiques : notamment celui de respecter la sonorité naturelle du piano.

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On navigue à vue au travers des mélodies somptueusement mélancoliques, on cherche, puis on se dit très vite que cette musique là possède un petit air familier : les images de cinéma me viennent. Dans le livret du CD, Stéphan Oliva reconnaît avoir fortement été influencé par l’auteur Paul Auster, de très nombreuses scènes de l’auteur l’auraient inspiré.

Tout commence par un bruit de machine à écrire, celle d’un écrivain sans doute, on entend au loin un violoncelle : première plage, l’histoire commence à s’écrire donc. Puis vient cette première « traversée », quelques notes envoutantes, inquiétantes, on imagine la disparition, l’inquiétude, l’effroi ?

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Ainsi va le monde noir de Stéphan Oliva, je me suis assez vite raccroché à quelques souvenirs de bons polars français. J’ai vu dans mon salon jean-Pierre Melville trinquer froidement avec un Claude Chabrol qui n’avait même pas enlevé son pardessus, dans l’ombre de la porte, j’imagine tout aussi bien Hitchcock  se tenir droit, impassible.

Nostalgie douce, intranquille, ce disque est rare par la noirceur d’un propos sensible,  autant de ballades noctambules et d’errements qui touchent et bouleversent car elles nous renvoient à nos propres terreurs intimes.

Ici Stéphan Oliva a inventé un nouveau genre : la musique noire, comme un roman noir,  on imagine des êtres tourmentés, des scènes de crimes, des angoisses qui nous renvoient plus que jamais à la solitude des hommes, en ce sens son oeuvre est ici universelle. J’y aie aussi beaucoup retrouvé pour ma part des scènes de Hopper qui a su si magnifiquement peindre la solitude des hommes.

Ce disque nous propose une immersion dans des univers étranges, noirs, mais très inspirants, avec peut être au final un sentiment d’accoutumance. Une écoute dont on ne sort pas tout à fait indemne.


RJA397004 – La Buissonne Label .

Enregistré les 4 et 5 avril et mixé le 16 juin 2005 aux Studios La Buissonne (Pernes les Fontaines, France) par Gérard de Haro. 

– Stephan Oliva, piano, Fender Rhodes
– Bruno Chevillon, contrebasse, machine à écrire « Olympia »

A écouter sur Qobuz 

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