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La tendance se confirme : le vinyle revient, les ventes de vinyles auraient augmenté de près de 25% en 2012, mais que se cache t-il derrière cette tendance ? Une mode vintage ? Sans doute, la tendance toucherait un public nostalgique mais aussi une population jeune, urbaine et plutôt branchée comme en témoigne

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Le salon du vintage organisé ce week-end à Paris du 14 juin au 16 juin . De nombreux artistes font de nouveau presser des versions vinyles de leurs albums. Le retour du vinyle est aussi savamment orchestré par la filière du disque. En 2011, le Club Action des Labels Indépendants Français a créé Le Disquaire Day (20 avril). L’idée étant d’associer les acteurs de la filière : les artistes, les labels, les distributeurs : une action qui rappelle celle menée dans le secteur du livre en faveur d’une librairie indépendante. Les disquaires de quartier réapparaissent peu à peu, mais le phénomène est pour le moment assez parisien, Télérama a récemment dressé un petit inventaire des disquaires incontournables à Paris.

Les consommateurs les plus jeunes seraient-ils finalement lassés par le mp3 ? Pas d’emballement : le vinyle ne reviendra pas un format de référence mais il se pose désormais comme une alternative possible et complémentaire à la musique dématérialisée et vient confirmer une autre tendance : celle de l’écoute sédentaire. Le marché des chaines haute fidélité “classique” et des enceintes colonnes résistent plutôt bien face à la déferlante annoncée du “tout mobile”. Par voie de conséquence, les platines disques, redevenues un produit élitiste avec l’arrivée du CD dans les années 80, se démocratisent à nouveau pour toucher un public qui dispose d’un budget modeste. Mais pour trouver son bonheur, il convient de traverser la manche pour s’orienter vers la marque Rega (et son excellente série RP avec un produit d’entrée de gamme à 250 €) ou de traverser les Alpes pour tenter la gamme Pro-Ject (la marque autrichienne propose un entrée de gamme dans les mêmes tarifs). Les fabricants français sont tout simplement absents dans ce segment de marché, mais il faut rappeler l’excellence française en la matière avec les célèbres platines Verdier (ou plus récemment chez Jadis) mais dont le ticket d’entrée nécessite plusieurs milliers d’euros (lire aussi mon billet sur platine Verdier Magnum).

IMG-20130509-00414 (2)Stand des platines Pro-Ject au dernier salon de Munich

J’ai personnellement retenté l’expérience vinyle. Fraîchement équipé d’une platine Rega, j’ai rapporté de la maison familiale de Bourgogne une grande caisse de vinyles, cela devait faire une vingtaine d’années que je n’avais pas posé un saphir sur un disque. La première réécoute fut d’abord assez troublante, il me fallu plusieurs heures pour me réadapter à cette approche sonore, qui m’est apparue à priori plus distante avec cette nécessité parfois d’aller “chercher la musique” pour finalement avoir le sentiment de s’approcher un peu plus de l’essentiel : l’âme de la musique.

Un disque vinyle, c’est un objet qui porte une histoire, le rouvrir, le toucher est aussi une petite séquence nostalgique : j’ai vraiment retrouvé le saxophone d’Archie Shepp qui a accompagné tant de soirées dans ma chambre universitaire de Nanterre. Se rappeler aussi les longues heures passées le regard fixé sur cette cellule perdue au milieu d’un océan noir de sillons, c’était un peu comme observer la musique se faire sous mes yeux. Ne rien regretter non plus de la révolution CD, de souvenir de cet éblouissement là. La photo sonore était devenue tout à coup parfaitement nette comme la vue sur un glacier d’altitude. Je ne savais pas à l’époque qu’un jour il serait aussi bon d’abandonner les cimes pour retrouver un peu la lumière fragile d’une fin de journée d’été.

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L’équipe de la discothèque de Radio France partage cette relation sensible avec une initiative formidable : Radio Vinyle. Ne cherchez pas Radio Vinyle sur la bande FM, il s’agit en fait d’un blog de petits feuilletons vidéos d’artistes qui déambulent et qui s’immergent dans l’immense collection de vinyles de la discothèque de Radio France (un trésor de 450.000 albums). Ils livrent alors leurs souvenirs sur le vif, des moments d’émotions particulièrement bien filmés. Ne manquez pas cette délicieuse séquence avec la pétillante Camille : dix minutes de bonheur, ou laissez-vous porter par les larmes d’Archie Shepp lorsqu’il réécoute le Blues, ses racines, sa vie.

On deviendrait presque impatient de retrouver un hiver très froid pour rester bien au chaud, remplir de grands verres de vin et accueillir quelques bons amis le temps d’une soirée vinyle et se rappeler aussi des mots de Camille sur l’écoute d’un vinyle de Julie London :” je trouve que ça réchauffe l’espace”.

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